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RW: Réforme des primes et prêts rénovation, fin du mazout

PIM
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RW: Réforme des primes et prêts rénovation, fin du mazout

Réforme des primes et prêts rénovation, fin du mazout : la Wallonie pourra-t-elle tenir le calendrier ? Et quel impact sur les prix de l’immobilier ?

https://www.rtbf.be/article/reforme-des … r-11647832

Le système de primes pour la rénovation de logements tel qu’on le connaissait va disparaître en Wallonie. Le gouvernement wallon MR-Engagés a décidé d’instaurer, à partir du 1er octobre 2026, un système de prêts à taux préférentiels qui pourront déboucher sur des réductions sur le montant total des travaux. La Wallonie doit absolument améliorer l’efficacité énergétique de son bâti très vieillissant. Le gouvernement a également annoncé un calendrier de sortie des chaudières au mazout et au charbon. Une ambition saluée par les acteurs du secteur mais qui s’inquiètent des délais très courts pour y parvenir.

La ministre wallonne du Logement et de l’Energie, Cécile Neven, a présenté ce vendredi la réforme du gouvernement wallon en matière de rénovation du bâti. Une vision "intégrée", dit le communiqué, qui rassemble soutien financier, calendrier de rénovation et système d’accompagnement. Fini les 120 primes un peu trop dispersées, place aux prêts à taux préférentiels (Renopack et Rénoprêt). Finis les certificats PEB classés F et G, dans 10 ans tous les bâtiments résidentiels ou non devront afficher au minimum un label E. Fini aussi les chaudières au mazout ou au charbon. Dès le 1er janvier 2031, il sera interdit de remplacer une telle chaudière quel que soit le type de bâtiment.

Une feuille de route claire saluée par les acteurs du secteur comme Embuild Wallonie (la Fédération de la construction) qui met en avant la prévisibilité et donne une vue précise aux propriétaires et aux professionnels de la construction et de la rénovation de ce qui doit encore être réalisé. Mais le calendrier et les délais très courts laissent sceptiques, tant l’ampleur de la tâche s’annonce titanesque.

"Des prêts pour qui ? Pour quel type de travaux ? Pour quel montant ?"
Les grandes lignes de la réforme sont connues mais, à présent, ce qu’aimerait savoir Hugues Kempeneers, directeur général d’Embuild Wallonie, ce sont les détails. "Le mécanisme est intéressant. Mais maintenant la question qui se pose c’est : pour qui, pour faire quoi et pour combien ? On a vraiment besoin d’avoir des éclaircissements rapidement car le 1er octobre 2026, c’est dans neuf mois".

Si on veut atteindre les objectifs de PEB A en 2050, on doit rénover 20 logements toutes les heures jusqu’en 2050 !

Le système devra être efficace immédiatement car le défi énergétique à relever en Wallonie est colossal. "En termes de chiffres, 50% des habitations en Wallonie ont été construites avant la 2e guerre mondiale. Si on veut atteindre les objectifs de PEB A en 2050, on doit rénover 20 logements toutes les heures jusqu’en 2050 !", nous rappelle Hugues Kempeneers.

"C’est pour cela qu’on avait besoin d’une feuille de route. Désormais, les personnes qui achèteront un bien en 2028 savent qu’elles auront Cinq ans pour améliorer sa performance énergétique. Les balises sont là. Y compris pour les logements existants. Donc ça, on en avait besoin pour atteindre les objectifs mais aussi pour compenser l’augmentation des prix des passoires énergétiques", explique-t-il.

"Car maintenant que les ménages savent qu’ils vont devoir faire des travaux dans les PEB F et G qu’ils vont acheter, ils les achèteront moins cher. Aujourd’hui, on achète une maison à 200.000 euros parce qu’on l’aime bien. Mais demain, vous mettrez peut-être seulement 180.000 euros sur la table parce que vous savez que vous devrez refaire la toiture qui vous coûtera 40.000 euros."

Fin du mazout : des délais très courts, trop courts ?
Au moins 40% des ménages wallons se chauffent encore au mazout à l’heure actuelle. Le gouvernement wallon veut accélérer la transition. Dès ce 1er janvier 2026, il sera interdit de placer une chaudière au mazout ou au charbon dans tous les bâtiments neufs, résidentiels ou non. A partir du 1er janvier 2027, interdiction de remplacement d’une chaudière au mazout dans les bâtiments rénovés en profondeur. Et à partir du 1er janvier 2031, l’interdiction de remplacement concernera tous les bâtiments.

L’objectif du gouvernement est d’amener les propriétaires à privilégier les chaudières Biomasse à bois ou à pellets ou les pompes à chaleur. Des travaux lourds dont le coût est estimé entre 10.000 et 15.000 euros minimum.

Aujourd’hui, on cherche encore 5 à 6000 personnes dans le secteur.

Et les délais sont très, très courts, pour Hugues Kempeneers. "2031, c’est demain. Donc, il va falloir absolument se mettre autour de la table pour accompagner le secteur qui va devoir se former à de nouvelles techniques. Et puis, il faut aussi savoir de quoi on parle exactement. Si une chaudière tombe en panne mais qu’il faut juste remplacer le brûleur, est-ce que ça, c’est autorisé ? Donc tout le secteur de la rénovation attend encore pas mal de précisions."

L’autre défi pour le secteur de la construction sera de savoir s’il aura les bras nécessaires pour assurer tous ces chantiers à venir. "On doit faire face à deux gros problèmes : tout d’abord, la pénurie de main-d’œuvre bien connue. Aujourd’hui, on cherche encore 5 à 6000 personnes dans le secteur. Ensuite, la taille de nos entreprises. Elles sont trop petites. On a 96% de nos entreprises qui font moins de dix personnes. Et pour faire face aux nombres de chantiers et avoir les moyens de nos ambitions, il faut augmenter la taille de nos entreprises", conclut le directeur général d’Embuild Wallonie.

Bonne nouvelle pour le parc locatif mais crainte pour les loyers
Rénover le parc locatif ne sera pas non plus du luxe en Wallonie. En ce sens, la réforme est aussi plutôt bien accueillie au sein du Rassemblement wallon pour le droit à l’habitat (RWDH) mais si on est étonné du timing de la ministre Neven. "On attendait d’être encore consulté par la ministre et le gouvernement donc on s’étonne de l’annonce de ce vendredi. Mais il faut reconnaître que cela envoie un message positif envers les propriétaires et donc, en cascade, aux locataires", souligne Arnaud Bilande, coordinateur au sein du RWDH.

"Dans une ville comme Charleroi par exemple, 50% des logements sont occupés par des locataires. Et certains biens sont à la limite de l’insalubrité. Donc cette réforme va dans le bon sens dans la mesure où elle va imposer aux bailleurs de rénover les biens qu’ils mettent sur le marché. Mais il faut absolument qu’un dispositif d’encadrement des loyers soit mis en place parallèlement. Sinon, cela va être la flambée des prix", explique-t-il.

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Re : RW: Réforme des primes et prêts rénovation, fin du mazout

Rénovation du bâti : la Wallonie développe une vision intégrée
https://neven.wallonie.be/home/communiq … egree.html

Le Gouvernement développe une vision intégrée pour la rénovation du bâti wallon. Au programme : prévisibilité, simplification et efficience.
Le Gouvernement wallon a pris, ce jeudi, quatre décisions constituant un cadre global intégré destiné à placer la Région sur la trajectoire des objectifs européens de rénovation du bâti :
    • un décret, adopté en deuxième lecture, transpose la directive européenne sur la Performance Énergétique des Bâtiments (dite directive « PEB 4 »), dont l’objectif principal est d’entamer une trajectoire de rénovation pour amener le bâti à la PEB A en 2050 ;
    • un projet de plan de rénovation, en application de la directive mentionnée ci-avant, contenant un calendrier de rénovation. Ce projet de plan devra encore faire l’objet d’une validation par les autorités européennes, dans les 6 mois. Il sera ensuite transcrit dans la législation régionale ;
    • une adaptation du système MEBAR, destiné à soutenir les publics précarisés dans le remplacement de leur système de chauffage ou de travaux d’isolation ou de salubrité ;
    • et, enfin, une note d’orientation sur les principes qui fondent le futur régime de soutien global à la rénovation, qui sera d’application au 1er octobre 2026 et s’articulera autour de 3 axes, tels que définis après consultation des parties prenantes par le Haut Conseil Stratégique (HCS) et le Centre d’Études en Habitat Durable (CEHD) : le soutien financier, un calendrier de rénovation et un système d’accompagnement.

1. Soutien financier
Concrètement, sur le volet financier, le soutien régional passera à l’avenir par des prêts, le cas échéant assorti de primes. Il sera réservé aux projets qui amènent à un « saut de label » de performance énergétique, afin de garantir une mobilisation de moyens publics en faveur de gestes de rénovation significatifs.

Deux outils structureront l’offre :
    • le Rénopack, c’est-à-dire un prêt à taux zéro, dans lequel interviendra une réduction de montant à rembourser assimilée à une prime ;
    • le Rénoprêt, c’est-à-dire un prêt à taux, fonction des revenus du ménage.

L’offre s’articulera autour des principes suivants :
    • la réalisation d’un audit restera une condition d'accès préalable ;
    • les investissements éligibles couvriront les travaux de salubrité et d'amélioration énergétique ;
    • le montant de l’aide sera appliqué sur l’investissement global, et non plus poste par poste ;
    • l'accès au soutien pour les propriétaires-occupants, les propriétaires-bailleurs et les copropriétés sera maintenu ;
    • les matériaux biosourcés continueront d’être favorisés. 

2. Calendrier de rénovation
Dans le cadre du Plan de rénovation, des seuils minimaux de performance énergétique (PEB) seront fixés pour le secteur résidentiel. Ils visent à éliminer les labels F et G d'ici 2035.
Concrètement, le projet de plan propose les échéances suivantes :

Pour les achats à partir de 2028, l'acheteur d’un bien disposera d'un délai de 5 ans à compter de la date de l'acte authentique pour réaliser les travaux nécessaires à atteindre les labels suivants. C’est-à-dire :
    • 5 ans pour atteindre le label PEB D pour un achat à partir de 2028 ;
    • 5 ans pour atteindre le label PEB C pour un achat à partir de 2031 ;
    • 5 ans pour atteindre le label PEB B pour un achat à partir de 2036 ;
    • 5 ans pour atteindre le label PEB A pour un achat à partir de 2041.

Pour les bâtiments existants, chaque propriétaire sera tenu de respecter un niveau de performance minimal aux dates butoirs suivantes :
    • le label PEB F en 2031 ;
    • le label PEB E en 2036 ;
    • le label PEB D en 2041 ;
    • le label PEB C en 2046 ;
    • le label PEB B en 2050.

Le certificat PEB sera revu pour le simplifier et l’adapter. Il conviendra de disposer d’un parc immobilier certifié d’ici 2030. Le renouvellement de certificat sera facilité. Toutes les possibilités d’harmonisation entre régions seront explorées.
La Wallonie avance également la question du chauffage, au travers d’un calendrier de sortie des chaudières au mazout et au charbon, permettant d'atteindre les objectifs et de préserver la population.
    • Dès le 1er janvier 2026, et comme annoncé en juin déjà, une interdiction de placement d’une chaudière au mazout ou au charbon s’appliquera à tous les bâtiments neufs, résidentiels ou non.
    • Dès le 1er janvier 2027, une interdiction de remplacement d’une chaudière au mazout ou au charbon s’appliquera à tous les bâtiments assimilés à du neuf (c’est-à-dire faisant l’objet d’une rénovation dite « de fond », soit d’au moins 75% de l’enveloppe). Dans le même temps, une interdiction d’installation, de modernisation et de remplacement s’appliquera, dans tout bâtiment, si disponibilité de réseau de gaz naturel. 
    • Dès le 1er janvier 2031, l’interdiction de remplacement d’une chaudière au mazout ou au charbon s’appliquera à tous les bâtiments.
En parallèle, les travaux éligibles du système MEBAR sont adaptés aux exigences européennes et permettront désormais de financer des alternatives à la chaudière mazout, telles que la chaudière biomasse et son silo, les pompes à chaleur (chauffage et eaux chaude sanitaire) ou encore les poêles biomasse.

3. Système d’accompagnement
La Région mettra en place un dispositif renforcé d’accompagnement des citoyens, au travers de guichets uniques permettant un appui technique ciblé sur-mesure, en trois niveaux, selon le profil des ménages et les caractéristiques du bâtiment concerné.
Le dispositif d’accompagnement pour le résidentiel sera assuré, à terme, par l’Agence wallonne de l’Habitation et ses pôles locaux.

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PIM

grmff
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Re : RW: Réforme des primes et prêts rénovation, fin du mazout

PIM a écrit :

"Dans une ville comme Charleroi par exemple, 50% des logements sont occupés par des locataires. Et certains biens sont à la limite de l’insalubrité. Donc cette réforme va dans le bon sens dans la mesure où elle va imposer aux bailleurs de rénover les biens qu’ils mettent sur le marché. Mais il faut absolument qu’un dispositif d’encadrement des loyers soit mis en place parallèlement. Sinon, cela va être la flambée des prix", explique-t-il.

Ils me font rire. Les loyers à Charleroi sont plus bas que partout ailleurs en Belgique. Les prix de vente aussi. Et pourtant, 50% des biens sont occupés par des locataires. Cela veut dire que ce sont des locataires qui n'ont pas les moyens, et ne les auront jamais. Et d'autre part, cela veut dire que les gens qui ont des sous préfèrent aller ailleurs qu'à Charleroi.

Donc, ils insultent les propriétaires en mettant en avant que "certains biens" sont à la limite de l'insalubrité, ils sont contents parce que cela va imposer de faire des frais aux propriétaires, mais ils veulent que les loyers restent au même niveau, alors qu'il est spécialement bas à Charleroi.

Bref, ils veulent le beurre, l'argent du beurre, et la peau des fesses des propriétaires.

Soyez sûr d'une chose: le loyer sera toujours fixé par le marché. Tordre le prix des loyers par des impositions d'encadrement des loyers, cela n'a qu'un temps. Toutes les études le montrent. Si vous bloquez les loyers, le bati se dégrade, des biens deviennent inhabitables et sortent du marché, l'offre sur le marché diminue, plus personne ne construit, alors que la demande continue à augmenter. Et l'offre continuera à diminuer tant que la rentabilité n'est pas retrouvée. Ce qu'il faut, c'est jouer sur le marché.

Soit on joue sur le demande : on noie tous les pauvres, on renvoie les étrangers dans leur pays, on met tous les cas psychiatriques en hôpital psychiatrique, on euthanasie les vieux, on mets les chômeurs en camp de travail, et je vous laisse imaginer le sort qu'on pourrait réserver aux RIS,...  ( Note aux rageux: Attention, ces propositions contiennent un peu de second degré big_smile ...)

Soit on joue sur l'offre: on baisse les normes de salubrité, on facilite la construction et l'investissement, on accélère les permis, on diminue les voies de recours contre les permis, on arrête de harceler les propriétaires qui font leur possible pour respecter les normes toujours changeantes et pas toujours cohérentes, on diminue le risque des propriétaires pour attirer plus d'investisseurs, par exemple en accélérant les procédures de justice de paix, en augmentant la saisissabilité des revenus, en augmentant la coopération entre les organismes payeurs comme le Cpas et la Vierge Noire et les propriétaires, en diminuant le coût de l'intervention des huissiers et de la justice en général.

L'idée de certains partis, c'est d'augmenter l'offre en construisant plus de logements sociaux. Hors, tout le monde sait qu'il n'y a pas de sous, que la construction doit être subsidiée (pas payée par les sociétés de logements sociaux, mais payée par la collectivité) parce que les loyers sont trop bas pour couvrir l'entretien des immeubles, et qu'il est donc inutile d'imaginer le remboursement d'un prêt sur base des loyers perçus. Comme il n'y a plus de sous, inutile de croire que le logement social sera une réponse tant que c'est géré comme c'est géré. (sous entendu: il y a moyen de gérer cela autrement...)

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GT
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Re : RW: Réforme des primes et prêts rénovation, fin du mazout

grmff a écrit :
PIM a écrit :

"Dans une ville comme Charleroi par exemple, 50% des logements sont occupés par des locataires. Et certains biens sont à la limite de l’insalubrité. Donc cette réforme va dans le bon sens dans la mesure où elle va imposer aux bailleurs de rénover les biens qu’ils mettent sur le marché. Mais il faut absolument qu’un dispositif d’encadrement des loyers soit mis en place parallèlement. Sinon, cela va être la flambée des prix", explique-t-il.

Ils me font rire. Les loyers à Charleroi sont plus bas que partout ailleurs en Belgique. Les prix de vente aussi. Et pourtant, 50% des biens sont occupés par des locataires. Cela veut dire que ce sont des locataires qui n'ont pas les moyens, et ne les auront jamais. Et d'autre part, cela veut dire que les gens qui ont des sous préfèrent aller ailleurs qu'à Charleroi.

Ils ?

Pim a relayé -sans plus- un article de presse faisant état d'une opinion du Rassemblement wallon pour le droit à l'habitat.

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