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#2341 Re : Copropriétés forcées » un étudiant ...dans la conciergerie » 16-06-2021 14:07:58

A noter que 100 euros mensuels pour 19 appartements, ce n'est pas la ruine ! Pas de quoi chercher autre chose. Difficile de trouver moins cher.

Pour le nettoyage : en black comptez 250/300 par mois et le double, voire le triple pour une société. Il faut faire un choix.  yikes

#2342 Re : Copropriétés forcées » un étudiant ...dans la conciergerie » 16-06-2021 14:07:58

copropriétaire engalère a écrit :
petitluc a écrit :

rexou
j'imagine bien qu'on peut assimiler cela a du travail dissimulé .
quid si'il lui arrive un accident ? (coupure  ou autres ) est il vacciné tétanos ? notre responsabilité ?
s'il refuse de travailler comment le déloger:   en hiver il a des garanties de rester 6 mois dans le logement ... etc...
il y a 15 ans l'ancienne concierge qu'on avait licenciée est rester  plusieurs mois en plus dans le logement  après une décision de justice car elle  prétendait qu'elle ne trouvait pas à se reloger ... actuellement notre jardiner (100 euros par mois pour  le petit jardin devant l'éntrée de l'immeuble
s'occupe de tout ...si on met un étudiant , la CP devra lui  acheter une tondeuse , un taille haie , des gants , des sacs plastique verts  et j'en passe .... et évacuer les déchets .....tout ce qui est actuellement compris dans son service ...

à Bruxelles on a des contrats jardins avec une entreprise de travail adapté, ils sont incroyables d'efficacités et prix hors concurrences!

Bonne idée le travail adapté pour le jardinage. Bon compromis obligations légales/sécurité et prix.

En effet, l'étudiant devrait se faire acheter les outils. Risques réels d'accidents par mauvaise manipulation, de vol, problèmes de stockage, d'évacuation des déchets... Jardiner c'est un métier spécifique qui demande un certain savoir-faire.

Concernant l'entretien, certaines petites copros peuvent payer un occupant pour entretenir les communs.  Le prix est divisé par deux.  Ce n'est pas assimilé à du travail dissimulé. C'en est clairement. Le syndic IPI ne peut normalement pas cautionner cette pratique. Sa responsabilité est engagée et il serait susceptible de remettre sa démission si cette solution d'entretien est retenue.

Il est aussi possible de faire faire (décision AG)  l'entretien des communs par les CP. Chacun son pallier et sa volée d'escalier. Et chaque CP peut charger une personne de l'immeuble de se charger de sa part du travail, contre compensation financière. Dans ce cas, la copro n'enfreint pas la loi et le syndic ne peut s'y opposer. Cela nécessite toutefois une entente au sein de la copro. Pas évident. Valable pour une petite copro sans problèmes particuliers.

Louer la conciergerie peut s'envisager. Charger le locataire d'effectuer des travaux contre de petits services aussi. Mais avec un contrat de bail normal et paiement d'un loyer normal. Rémunérer ses services indépendamment. Pas de "garantie de rester 6 mois en hiver". On n'est pas en France. Pas d'autre risque qu'avec tout autre locataire.

La cogénération c'est un autre sujet...

#2343 Re : Copropriétés forcées » changement chaudière commune dans copropriété à Liège - » 12-06-2021 14:52:00

grmff a écrit :

Si on aime le risque ou si on est un peu téméraire, on peut parfaitement changer des radiateurs avec ne machine à geler les tuyaux. Pas besoin d'avoir accès à la chaufferie.

Evidemment, quand on purge les radiateurs, cela vide un bon coup l'installation. Un radiateur sur 50, cela ne se verra pas et le vase d'expansion prendra la différente. 5 radiateurs sur 20, ce sera un peu différent...

Exact, mais l'usage d'une machine à geler est onéreux et n'impacte pas à priori l'installation commune. Un peu d'air dans les tuyaux ne peut pas bouziller la chaudière.

#2344 Re : Copropriétés forcées » un étudiant ...dans la conciergerie » 16-06-2021 14:07:58

La mise à disposition gratuite du logement en échange de services peut poser problèmes en ce sens qu'il sera délicat d'évincer votre étudiant si vous n'êtes pas satisfait de ses services. Que direz-vous au juge ?

La solution est applicable, oui. Elle est financièrement intéressante aussi. Fiscalement par contre, disons que vous sortez un peu des clous.

L'étudiant peut avoir un bail en bonne et due forme avec paiement d'un loyer normal. Il s'acquitte de son loyer normalement et la copro lui rétrocède avec décalage d'un mois pour "achat de matériel et produits d'entretien". Ou pour remise en état de son logement. Ce n'est pas légal, mais c'est économique. Peut fonctionner avec personne sérieuse et en restant discret.

Un syndic IPI ne peut en principe pas cautionner cette façon de procéder qui engage aussi sa responsabilité.

#2345 Re : Copropriétés forcées » changement chaudière commune dans copropriété à Liège - » 12-06-2021 14:52:00

Et la chaufferie commune est accessible librement ?

Changer des radiateurs implique de vider l'installation sous peine d’inondation. Et ensuite de remplir à nouveau l'installation avant de réactiver le chauffage. Ceci ne peut se faire en principe que par le chauffagiste de l'immeuble ou avec l'accord du syndic.

Votre chaudière doit être une antiquité dont le remplacement sera bénéfique à tous.

Le syndic n'est en rien responsable. La responsabilité des deux cp concernés peut se discuter.

Je vous suggère de mettre à l'ordre du jour de la prochaine ag la protection de la chaufferie afin d'en interdire l'accès à toute personne non autorisée. Porte, grille et cadenas... une protection est nécessaire pour éviter les chipotages et toute personne non autorisée. Et le chauffagiste de Tartempion n'est pas une personne autorisée. Sauf si accord écrit, et sous la responsabilité explicite de l'intervenant dont le syndic aura vérifié la compétence professionnelle.

#2346 Re : Locations et baux » prison, locataire sans nouvelles » 18-12-2021 15:27:57

J'avais envoyé une réponse assez longue et détaillée et au moment de l'envoi, message d'erreur et perte de ma prose. Je recommence donc mais en plus condensé.

Surpris que Grmff n'ait jamais connu ce cas de figure !!!

Non occupation = résiliation de bail est un peu expéditif. Le locataire peut parfaitement s'absenter, un, trois ou six mois sans rendre de compte à son bailleur. Par contre le loyer doit être payé. Le bien est par ailleurs occupé (meublé).

Un homme de 60 ans ne restera sans doute pas détenu très longtemps. Sauf si vous avez vu sa photo à la une de la presse locale et qu'il est accusé par exemple d'avoir violé la moitié des mineures du village.

Il devrait sans doute se trouver dans la maison d'arrêt la plus proche de son domicile. Un simple coup de fil au greffe pour demander si Monsieur Machin figure bien sur la liste des détenus vous renseignera. Facile de sonner les maisons d'arrêt du coin l'une après l'autre.

Quand vous l'avez localisé, vous pouvez lui envoyer un courrier postal à l'adresse de la prison. Lui demander ses intentions et le nom de son avocat pour tenter de faire pour le mieux. Mentionnez votre numéro de téléphone dans ce courrier. Vous pouvez aussi contacter le service social de la prison et demander que votre locataire prenne contact avec vous. Là encore, demandez qu'on vous téléphone. L'avocat et le service social sont vos alliés. En tout cas, cela ouvre le dialogue et permet de dégager une solution.

Il y a de fortes chances pour que votre locataire soit libéré rapidement et reprenne ses habitudes de vie dans son logement.

Dans un mois, si le loyer est impayé et si personne ne vous a contacté pour convenir d'une marche à suivre, vous pouvez contacter le cpas. Le faire maintenant serait une erreur et contre-productif. Le cpas ne connait probablement pas la situation du locataire et les aviser ne peut qu'entrainer une restriction financière qui vous serait préjudiciable.

#2347 Re : Locations et baux » Propriétaire bruyant » 13-06-2021 21:30:26

grmff a écrit :

C'est le côté "recadrer les nouveaux occupants" qui ne cadre pas avec le fait que c'est le ménage du propriétaire.

Pour moi, il n'y a pas 36 solutions: se barrer asap...

Il semble qu'il existe un début de bonne volonté, mais sans effets durables dans le temps.

Mais je vous rejoins sur le fait que se barrer asap est une bonne idée. Il est même possible d'envoyer un renon motivé par les nuisances et dire -verbalement- au bailleur qu'il serait possible d'annuler ce renon en cas d'amélioration nette et de fin des nuisances. Pour cela aussi que je demandais si les conditions actuelles du bail permettaient un départ sans indemnités. Normalement oui, après 4 ans d'occupation.

#2348 Re : Locations et baux » début de bail mi-mois et paiement du loyer - QUID ? » 13-06-2021 21:54:59

grmff a écrit :

C'est plus simple de faire commencer le bail le 1er du mois. Mais si le bail n'est pas rédigé comme cela, il vous reste à respecter le bail...

Oui, mais les termes d'un bail peuvent se négocier. Par exemple le locataire qui touche son salaire le 3 du mois demandera à payer le 5 et pas le 1er. La date du paiement a aussi son importance. Pour le preneur et pour le bailleur.

Il est parfaitement possible de faire débuter un bail le 1er de chaque mois, avec une mise à disposition -et paiement au prorata- à une date différente. Cela se négocie et il n'est pas obligatoire d'accepter le bail tel que présenté si une clause pose problème.

#2349 Re : Locations et baux » Propriétaire bruyant » 13-06-2021 21:30:26

grmff a écrit :
rexou a écrit :

Il est quand même surprenant qu'un occupant qui a été d'agréable compagnie durant 3 ans se transforme depuis un an en un individu bruyant au pas lourd, avec des enfants qui courent tout le temps et des déménagements incessants de meubles. Sauf si la composition du ménage s'est modifiée. Auquel cas il faut recadrer les nouveaux arrivants dans ce logement et tenter de faire respecter un minimum de calme.

La solution ultime étant le déménagement. Etes-vous actuellement dans des conditions de bail vous permettant de donner un renon sans avoir à payer d'indemnités  ?

Vous devriez aller dormir à cette heure indue, parce que vous n'avez plus les idées claires... big_smile
- ce ne sont pas des nouveaux arrivants, puisque c'est le propriétaire!

J'avais écrit "sauf si la composition du ménage s'est modifiée". Ce qui impliquerait l'arrivée de nouveaux occupants  possible. Et ce qui expliquerait qu'un homme calme durant 3 ans se transforme soudain en pachyderme adepte du déménagement nocturne de meubles. Cela expliquerait aussi les enfants qui courent soudain partout...

Le propriétaire peut se mettre en ménage avec une nana qui a une demi-douzaine de mômes turbulents et si tous vivent dans peu d'espace et avec peu d'éducation, cela donne le résultat décrit ici.

#2350 Re : Locations et baux » Locataire absente » 14-06-2021 12:41:31

Elle est peut-être hospitalisée. Vous ne pouvez pas vous informer auprès d'un proche ? D'un voisin ? Un déménagement se remarque généralement... Ses rideaux sont toujours aux fenêtres? La boite aux lettres est vidée ?

#2351 Re : Copropriétés forcées » AG par écrit : président, secrétaire ? » 12-06-2021 18:34:25

mvhl a écrit :

Bonjour,
Nous allons finalement avoir notre AG par écrit.
Dans l'ordre du jour, le syndic a maintenu le point "Désignation du président et du secrétaire de l'assemblée générale."
Sur le bulletin de vote :
   Candidat pour président : son fils (également copropriétaire).
   Candidat pour secrétaire : sa fille (une des 4 propriétaires d'un lot indivis, à ma connaissance non mandatée pour représenter celui-ci).

Ce point a-t-il du sens ?
Quelle est l'utilité du président et secrétaire d'une AG par écrit ?
A ma connaissance c'est le syndic qui doit rédiger le PV des décisions, et il n'y a pas de constitution d'un "bureau" comme dans une AG par écrit d'une coopérative p.ex.

Merci d'avance.

L'utilité de nommer président et secrétaire est certes très limitée, voire nulle, si ce n'est pour se conformer à ce qui est la norme courante en temps normal.

Par contre, si cela ne fait pas de bien, cela ne fait pas non plus de mal. Pourquoi y accorder dès lors un intérêt quelconque ?

#2352 Re : Locations et baux » Propriétaire bruyant » 13-06-2021 21:30:26

Il est quand même surprenant qu'un occupant qui a été d'agréable compagnie durant 3 ans se transforme depuis un an en un individu bruyant au pas lourd, avec des enfants qui courent tout le temps et des déménagements incessants de meubles. Sauf si la composition du ménage s'est modifiée. Auquel cas il faut recadrer les nouveaux arrivants dans ce logement et tenter de faire respecter un minimum de calme.

La solution ultime étant le déménagement. Etes-vous actuellement dans des conditions de bail vous permettant de donner un renon sans avoir à payer d'indemnités  ?

#2353 Re : Locations et baux » début de bail mi-mois et paiement du loyer - QUID ? » 13-06-2021 21:54:59

Il n'y a pas de plus ou moins "juste". Vous payez pour le temps durant lequel le logement est à votre disposition. Peu importe la date de début.

Par contre, il est beaucoup plus simple comme le dit Himura de faire commencer le bail le premier du mois.Cela évite les problèmes et discussions possibles en fin de bail. Lors de la fin de bail, les règles sont simples à appliquer et le bien sera disponible à une date conventionnelle et courante, soit le 1er du mois.

La date effective pour le paiement du loyer peut être contractuellement fixée au 1er de chaque mois, ou au 5 par exemple...

Ceci dit, si votre bailleur insiste pour commencer le bail le 15 du mois, vous n'y perdez rien. C'est une option peu courante et peu pratique. Il sera aussi plus courant (et aisé) de débuter votre prochain bail en début de mois plutôt qu'en milieu de mois.

#2355 Re : Copropriétés forcées » Syndic ne répond pas à mes demandes » 22-06-2021 22:33:15

Les comptes sont donc établis en mai (ou avant) et soumis à approbation en AG en fin d'année ? Curieux.

La répartition des charges s'effectue en fonction de l'acte de base ou d'une modification ultérieure en AG. Constatez-vous un changement par rapport à l'année précédente ? Si non, les comptes précédents ont-ils été approuvés ? Si oui, qu'est ce qui motive ce changement ?

Des erreurs dans le PV d'AG : vous constatez des erreurs relatives aux décisions prises ? Ou dans la liste/les quotités des personnes qui ont voté pour/contre/abstention ? Le PV est seulement un PV décisionnel. La littérature est optionnelle et d'un intérêt tout relatif. Ces erreurs sont à rectifier par tout CP qui en ferait le constat.

Par contre, en votre qualité de CAC, la répartition des charges et la correction des comptes  est très exactement la fonction qui vous a été confiée et vous méritez à tout le moins réponse et explications cohérentes.

#2356 Re : Ventes et achats » Rez-de-jardin, terrasse ou dernier étage ? » 26-05-2021 23:13:49

libra a écrit :

À priori le 1er. Pas le 2è car pas de terrasse; pas le rez si vue du jardin commun dans l'appartement.

Pas le rez pour sécurité, calme et intimité (fenêtre), mais aussi sans doute moins de superficie vu le hall d'entrée

Pas le 2 pour absence de terrasse, mais aussi un étage de plus et probablement sans ascenseur. Sous toiture, moins bonne performance PEB

Le 1er est entre deux étages (à priori chauffés) avec un passage restreint et pas de "causette" devant la porte.

Je plussoie donc la réponse apportée à priori.  smile

#2357 Re : Copropriétés forcées » Charges d'ascenseur » 23-05-2021 14:52:57

Vous voulez modifier la clé de répartition des charges. Cela va dans le sens du bon  sens et de beaucoup d ejugements récents qui visent le faire porter la charge aux utilisateurs seuls (c'est logique, mais pas toujours le cas)

PS. Deuxième fois que je like un post de la galère... C'est grave Docteur ?

#2358 Re : Copropriétés forcées » Charges d'ascenseur » 23-05-2021 14:52:57

Rappazzo a écrit :

Merci de votre réponse.  J'espère que les autres copropriétaires seront honnêtes et éviteront à tout le monde de perdre du temps en justice ... ce qui n'est pas gagné d'avance.

Un jugement en votre faveur non plus n'est pas gagné d'avance. Vous avez de fortes chances d'obtenir gain de cause mais pas de certitude.

La répartition peut s'effectuer par quotités (millièmes), mais aussi par unité (divisé par le nombre d'appartements), ou encore en fonction de l'étage. Le rez peut être exempté si l'ascenseur ne descend pas au sous-sol et si l'intéressé n'a en aucun cas l'usage de l'ascenseur.

Une modification des clés de répartition des charges reprises dans l'acte de base nécessite cependant un accord unanime (ou 4/5? -à vérifier) ou un jugement en votre faveur.

Bonne chance smile

#2359 Re : Copropriétés forcées » Syndic nous cache ses propres soucis en justice avec d'autres copropriétés. » 26-04-2026 09:36:05

copropriétaire engalère a écrit :
PIM a écrit :
copropriétaire engalère a écrit :
PIM a écrit :

. Qui décide de la publication ou non ?

"Dans un certain nombre de cas, le juge peut ordonner que sa décision soit affichée ou publiée dans la presse."

https://justice.belgium.be/fr/themes_et … a_decision

Je ne crois pas que ce soit l’hypothèse concernée par mon interrogation.

je voulais résumé, mais bon.......
La Loi du 5 mai 2019 modifiant le Code d'instruction criminelle et le Code judiciaire en ce qui concerne la publication des jugements et des arrêts a été publiée le 16 mai 2019 au Moniteur Belge. Un premier pas qui préfigure un long chemin.

Une idée vieille de quinze ans. Le constat selon lequel le savoir juridique n’est partagé qu’à des conditions qui ne garantissent pas son accès à tout un chacun, professionnel du droit ou non, n’est pas neuf. Les tentatives répétées d’y remédier non plus.

Fruit de la réforme de digitalisation de la Justice initiée en 2001, la « Loi Phénix » du 10 août 2005 instituait déjà une banque de données de jurisprudence interne et externe. L’objectif, pour l’une, était de permettre le traitement des dossiers judiciaires par les différents membres d’une même juridiction et, pour l’autre, de diffuser dans le public les décisions ayant une importance pour la connaissance et l’évolution du droit.

Il y a cinq ans, le 30 juin 2014 paraissait « La plume, le Pélikan et le nuage », un rapport consacré à la question de la publication des décisions judiciaires rédigé par la Commission de modernisation de l’ordre judiciaire (CMOJ).

Ce rapport soulignait d’abord les fortes disparités existantes entre les cours suprêmes – Cour de Cassation, Conseil d’Etat et Cour Constitutionnelle – soumises déjà entre elles chacune à des régimes de publication différents et les décisions accessibles à travers le portail public Juridat et les banques de données privées comme Jura, StradaLex ou Jurisquare. Maîtres Jean-Pierre Buyle et Adrien Van den Branden, spécialistes de ces questions, avaient ainsi pointé dans une carte blanche signée à la fin de l’année 2017 que seuls « 0,47% des jugements prononcés depuis la Seconde guerre mondiale » étaient disponibles sur Juridat. On peut se demander quelle réaction adopter face à un nombre aussi infinitésimal de décisions publiées.

Ensuite, ce rapport soulignait le déficit, dans tous les sens que ce terme peut recouvrir, que représente une diffusion aléatoire, partiellement aux mains d’acteurs privés tenant de pallier le déficit démocratique des pouvoirs publics, et sélectionnée de la jurisprudence des cours et tribunaux, malgré le développement en cours de l’outil JustX-VAJA par l’ordre judiciaire lui-même. L’absence de définition scientifique de la connaissance et de la diffusion de la jurisprudence finissait de noircir le tableau du parent pauvre du triptyque qu’elle complète avec la législation et la doctrine.

Enfin, la CMOJ (Commission de Modernisation de l'Ordre judiciaire) formulait une série de recommandations, parmi lesquelles la modification de l’article 792 du Code judiciaire et la renégociation des contrats d’édition venaient en première ligne, puisque les magistrats eux-mêmes n’ont accès à ces ressources que moyennant abonnement payant.

La difficile articulation des normes entre elles. La Cour Constitutionnelle, en premier lieu, avait souligné, il y a dix ans de cela, que la publicité d’un jugement pouvait être faite autrement que par une lecture intégrale en audience publique – voir à ce sujet les arrêts de la Cour Constitutionnelle n°1/2009, n°36/2009, et n°67/2009.

Deux années plus tard, la Cour de Cassation (Cass. 29 novembre 2011 (P.10 1766.N)) ne disait pas autre chose et confirmait qu’une lecture « partielle » du jugement était de nature à remplir l’objectif poursuivi.

En octobre 2015, le Conseil d’État avait à son tour remarqué, à l’égard d’une proposition de loi visant à moduler ce caractère public du prononcé, qu’une telle initiative devait être précédée d’une révision constitutionnelle.

Voilà les trois cours suprêmes raccord sur le chemin à adopter ! Cette révision, initiée en janvier 2017, fut finalement adoptée par le Sénat et soumise à la sanction royale le 29 mars 2019, et l’article 149 de la Constitution se lira désormais comme suit :

« Tout jugement est motivé. Il est prononcé en audience publique.

Il est rendu public selon les modalités fixées par la loi. En matière pénale, son dispositif est prononcé en audience publique. »

Il y a tout pile un an, le 30 mai 2018, un des ateliers de l’évènement Equal Day que nous consacrions à la société collaborative était consacré au « droit ouvert ».

Derrière ce vocable ambitieux, nous avions entendu placer au cœur de notre réflexion l’accès à la jurisprudence et le partage de celle-ci à tout un chacun. Autour de la table, nous avions rassemblé toute la diversité de ce que le monde du droit peut offrir.

Ainsi, s’y étaient rencontrés des acteurs proches de la magistrature – à la Cour Constitutionnelle et à l’Institut de formation judiciaire - ; des membres de l’Incubateur européen du Barreau de Bruxelles et de l’Incubateur d’avocats.be, du monde politique avec la Chancellerie du Premier Ministre et des collaborateurs parlementaires, et même issus du monde des entreprises – et notamment de l’outil Lex.be – ou des associations – avec l’association française Open Law.

La difficile articulation de la technique et des normes. Alors que l’ensemble des acteurs présents se disaient prêts à œuvrer ensemble à la mise en place des outils existants, la presse rapportait pourtant à la fin du mois de juin que le cabinet du Ministre de la Justice avait décidé de couper les vivres à la base de données VAJA, pour Vonnissen-Arresten-Jugements-Arrêts, pourtant alimentée de déjà près de 242.000 arrêts par les Cours d’appel et du Travail.

En cause ? Une technologie « obsolète », et une base de données pas prête avant « deux » à « quatre » années.

Peut-être. Toutefois, une proposition de loi multi-partisane – du PS à la N-VA – est déposée, et adoptée par la Commission Justice.

Le résultat est la loi du 5 mai 2019 modifiant le Code d'instruction criminelle et le Code judiciaire en ce qui concerne la publication des jugements et des arrêts.

Le texte érige en principe, tant en matière pénale que civile, le prononcé du seul dispositif du jugement rendu. Ce dispositif est rarement riche d’enseignement en termes d’information juridique. Les parties pourront cependant, sur demande motivée, demander que soit faite lecture intégrale du jugement, comme pourra le faire le président de la chambre lui-même, d’office. Tel sera également le cas lorsque l’enregistrement dont nous parlerons ci-dessous est « impossible ».

Cette lecture très partielle s’accompagne de plusieurs corollaires.

D’une part, il s’agira de l’enregistrement intégral, dans une banque de données accessible au public, de l’intégralité de la décision. Cet accès possède cependant lui-même son propre corollaire ; l’obligatoire anonymisation des données qui permettent l’identification directe des parties et des autres personnes en cause. Et, d’autre part, il s’agira de la mise à disposition, dès le prononcé, d’une copie intégrale du jugement au greffe afin que les parties puissent en prendre connaissance, ce qui ne remettra pas en cause la nécessité pour le greffe de communiquer la décision aux parties par simple lettre, comme c’est le cas actuellement.

Un saut dans le futur. Cette loi ne se suffit évidemment pas à elle-même, nécessitant l’intervention ultérieure du Roi afin de régler les modalités pratiques de la mise en place de cette base de données et de l’anonymisation nécessaire.

Permettons-nous, dès lors, de former plusieurs vœux à l’adresse de celles et ceux qui seront chargés de l’opérationnalisation de cette réforme.

Tout d’abord, on ne peut que souhaiter que le budget qui y sera accordé fera autant consensus que l’idée-même de cette proposition de loi, ayant réussi à fédérer autour d’elle l’ensemble du spectre parlementaire.

Ensuite, il serait tout à fait nécessaire que la technique puisse suivre les principes, et que la future base de données soit imaginée et dessinée tant pour les praticiens du droit que les citoyens, pour maintenant comme pour le futur.

Enfin, on ne peut que souhaiter que le nombre d’études comparatives, de spécialistes qui se sont intéressés au sujet – en Belgique comme dans d’autres pays européens – et d’expériences passées dans les autres états membres européens guident les futurs membres de l’exécutif dans leurs choix.

Ces souhaits poursuivent la même volonté, à savoir celle de ne pas sauter à pieds joints, et à tout prix, dans toute innovation technologique qui serait proposée, par exemple par des acteurs du domaine en expansion des Legaltech et par les partisans de l’intelligence artificielle, mais que la création de cette base de données sera guidée par des impératifs de modernité, d’ergonomie et de fonctionnalité. Il faudra également se demander quelle place offrir, ou laisser, aux opérateurs privés dans la mise en place de ce système : les grands éditeurs, en tout cas, sont dans les starting blocks.

Gageons que l’appel se répercute jusqu’au 1er septembre 2020, et que cette base de données puisse servir le droit belge comme le citoyen.
--------------------------
On y est pas encore..........

Cette tartine intéresserait surement les pinailleurs du droit -pardon : les éminents juristes de notre pays- , mais dans le cadre d'un forum dédié à l'immobilier, l'intérêt m'échappe quelque peu.

Quelle est la finalité ?
Quel est l'intérêt réel dans le chef des copropriétés ?

#2360 Re : Copropriétés forcées » Tarif social des consommations en copropriété » 22-05-2021 15:42:43

copropriétaire engalère a écrit :
pandi a écrit :

Bonjour,

Savez-vous comment se passe le calcul des charges dans un grand immeuble à appartements (une trentaine de lots) lorsqu'un (ou plusieurs) copropriétaires a droit au tarif social ?
Une personne de ma famille est dans le cas et vient d'emménager depuis une maison où elle payait le gaz et l'électricité au tarif social, vers un appartement où le gaz sera payé avec les autres charges de l'appartement. Est-ce qu'elle perd l'avantage ? Ou faut-il le signaler à quelqu'un (syndic, fournisseur ?) et il y aura un calcul séparé lors du décompte annuel ?

Bonjour, le tarif social concerne uniquement vos compteurs privatifs, pas pour le reste, vous devez remettre votre attestation à vos fournisseurs d'énergie et de téléphonie, par contre vous paierez le prix plein pour les communs, frais etc.....
voilà

Oui, je like cette réponse pleine de bon sens.

J'imagine que Pandi pense au gaz qui alimente le chauffage commun du bâtiment. C'est pareil pour l'électricité des communs d'ailleurs.
Bien sur que l'avantage disparait.
Le fournisseur a un seul client : l'ACP
Le syndic répartit les frais en fonction de la facture totale et des quotités/consommations.

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